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Le PPID, ou Cushing

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Ah, les hormones! Heureusement, elles sont à l’origine de peu de maladies chez les chevaux. Cependant, lorsqu’il y a un réel déséquilibre, les deux affections les plus fréquentes sont la dysfonction de la pars intermedia (PPID), mieux connu sous le nom de «Cushing» et le syndrome métabolique équin. Ces maladies affectent le bien-être de vos chevaux et peuvent être difficiles à gérer.

Dans cette première capsule, nous aborderons la maladie de Cushing. Celle-ci est particulièrement courante, surtout chez les chevaux plus âgés. Sans entrer dans les détails, ce dysfonctionnement entraîne une production excessive de dopamine et d’ACTH dans l’organisme de votre cheval.

Comment reconnaître le Cushing?

Les signes les plus classiques sont les suivants :
➔ Un poil long (autant en été qu’en hiver)
➔ De la fourbure
➔ Une atrophie musculaire
➔ Une perte de poids et une baisse d’énergie
➔ Un ventre penduleux
➔ Des infections récurrentes (causées par l’immunosuppression)

Il n’y a pas de prédisposition liée au sexe ou à la race, mais on rapporte qu’environ 20 à 25 % des chevaux âgés de plus de 15 ans seraient atteints de PPID! Heureusement, si vous avez des doutes, il est relativement simple de tester votre cheval.

Saviez-vous qu’une seule prise de sang peut révéler beaucoup d’informations?

Le diagnostic consiste simplement à mesurer la concentration d’ACTH dans le sang pour déterminer si elle est dans les normes. Ce test peut être effectué à n’importe quel moment de l’année et de la journée. De plus, chaque année, pendant certaines périodes à l’automne et au printemps, l’analyse est offerte gratuitement!

En cas de doute, il vous suffit de nous appeler et nous vérifierons si les signes présentés par votre cheval correspondent à la maladie. Nous prendrons un échantillon de sang… et voilà!

Qu’est-ce qu’un résultat positif signifie?

Malheureusement, les désordres hormonaux ne sont pas réversibles, mais ils peuvent être bien contrôlés à l’aide de médicaments et de bonnes pratiques de gestion. Voici comment rendre votre cheval plus confortable :

  1. Médication : le pergolide

Le pergolide, connu sous le nom commercial Prascend, est le traitement de choix pour contrôler les signes associés au PPID. Il empêche la production excessive d’ACTH. Le traitement consiste à administrer une dose une fois par jour, par voie orale, et l’effet du médicament se manifeste généralement assez rapidement.

Ensuite, 1 à 3 mois après le début du traitement, il est recommandé de refaire une prise de sang pour mesurer l’ACTH et effectuer un suivi. La dose peut être ajustée à ce moment-là. Idéalement, une réévaluation tous les 6 à 12 mois est recommandée.

Quelques effets secondaires peuvent survenir avec le pergolide : inappétence, coliques, sudation et diarrhée. En général, une augmentation progressive de la dose permet de limiter ces effets.

  1. Bonnes pratiques de gestion
  • Alimentation : Les chevaux atteints de Cushing sont sujets à la perte de poids et ont du mal à maintenir une bonne condition corporelle. Il faut donc surveiller leur état et ajuster l’alimentation en conséquence.
  • Supplémentation : Un lien a été établi entre la vitamine B12 et le PPID ; ajouter de la vitamine B12 à la ration peut donc être pertinent.
  • Médecine préventive : Comme ces chevaux sont immunodéprimés et sujets aux infections récurrentes, il est important de réaliser un examen et un râpage dentaires une à deux fois par an afin de dépister les problèmes bucco-dentaires et de s’assurer qu’ils s’alimentent correctement. De plus, des analyses de fèces régulières permettent de détecter la présence de parasites et de les vermifuger à la bonne fréquence.

Voilà un bon résumé du PPID! N’hésitez pas à nous contacter pour obtenir plus d’informations ou si vous avez des doutes concernant la santé de votre cheval.

Prochain sujet : le syndrome métabolique équin.

 

cheval ulcère

Les ulcères gastriques chez les chevaux

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Nous distinguons deux types d’ulcères gastriques chez le cheval : les ulcères glandulaires et les non glandulaires, qui se caractérisent par des lésions situées dans deux zones différentes de l’estomac.

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source image: classequine.com

Les ulcères non glandulaires sont les plus fréquents. Ils sont causés par l’acidité gastrique qui irrite la partie supérieure de l’estomac, une zone dépourvue de protection naturelle contre l’acide. Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque pour votre cheval : une alimentation riche en grains et concentrés, des périodes de jeûne sans accès au foin ou à l’herbe, ainsi que le stress, notamment lors de changements de routine ou de compétitions.

Les ulcères glandulaires, quant à eux, apparaissent lorsque les mécanismes naturels de protection contre l’acidité deviennent insuffisants. Cette partie de l’estomac est normalement protégée, puisqu’elle est constamment en contact avec le suc gastrique. Cependant, certains facteurs, comme un traitement prolongé par des anti-inflammatoires (tels que la phénylbutazone) ou un exercice physique intensif, peuvent affaiblir ces défenses et favoriser le développement d’ulcères.

La seule manière de diagnostiquer ces lésions de façon certaine est la gastroscopie : il s’agit d’introduire une caméra par les voies nasales jusqu’à l’estomac pour en examiner les parois et détecter d’éventuels ulcères.

En cas de diagnostic positif, différentes options de traitement sont disponibles selon le type d’ulcère. Il est essentiel d’en discuter avec votre vétérinaire.

Prévenir les ulcères : quelques conseils pratiques

En attendant, voici quelques mesures simples pour limiter le risque d’apparition d’ulcères chez votre cheval :

  • Mettre votre cheval au pâturage autant que possible pour qu’il puisse brouter toute la journée.

  • À défaut, lui donner accès en continu à du foin de qualité, sans longues périodes de jeûne.

  • Réduire la quantité de moulée (aliments concentrés) dans la ration quotidienne.

  • Lui assurer un accès permanent à de l’eau propre.

  • Utiliser la phénylbutazone (ou « bute ») avec modération, et privilégier des traitements de courte durée.

  • Limiter les sources de stress : transports fréquents, isolement au box, changements alimentaires brusques, etc.

N’hésitez pas à nous contacter pour obtenir plus d’informations ou pour planifier une gastroscopie !

veau

Capsules informatives pour vos veaux

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Gestion des veaux

1. Que faire avec mon veau naissant?

Un veau naissant a besoin de plusieurs soins dès ses premières heures de vie. N’oubliez pas que cette petite bête n’a aucun système immunitaire à la naissance!
– Tremper l’ombilic dans de l’iode 5% (dans un contenant type bain de trayon, ajouter 160ml d’iode forte 16% et combler avec de l’eau du robinet pour un total de 500ml);
– Lui faire ingérer 4L de colostrum dans les 2 premières heures de vie, puis un autre repas 8-12h plus tard (s’il ne boit pas, le gaver);
– Administrer une injection de Vitamine E et Sélénium dans les muscles;
– Administrer une injection de multi-vitamines dans les muscles
– Donner un vaccin intranasal contre les pneumonies

 

2. Saviez-vous que le Calf Lyte…?

– Est un mélange d’électrolytes qui prévient et aide au traitement de la déshydratation, des débalancements électrolytiques et de l’acidose causés par la diarrhée chez les veaux.
– NE DOIT PAS remplacer complètement le lait ! Il ne contient pas l’énergie et les protéines qu’il y a dans le lait !
– NE DOIT PAS être mélangé avec le lait.
– Doit être donné en alternance avec le lait, avec un minimum de 2h entre les 2 repas.
Par exemple :
Donner un repas de lait le matin. Donner un repas de Calf-Lyte le midi. Donner un autre repas de lait le soir. Puis un autre repas de Calf Lyte avant la nuit.

 

3. Vous voulez savoir qu’est-ce qui cause la diarrhée de vos veaux?

Si vous êtes aux prises avec un problème de diarrhée chez les veaux, sachez que nous offrons un test simple et rapide effectué directement en clinique. Ce test, l’Entericheck, qui permet de détecter 4 agents pathogènes les plus fréquemment rencontrés chez les veaux.
Vous n’avez qu’à nous apporter un échantillon de selle frais et nous effectuerons le test. Un échantillon frais signifie MOINS DE 24 HEURES et GARDER AU FRIGO si vous ne nous l’amenez pas tout de suite.
Un vétérinaire pourra par la suite faire des recommandations qui s’appliquent à la bactérie, le parasite ou le virus qui cause la diarrhée chez vous !

 

4. Saviez-vous qu’on peut mesurer l’efficacité de votre gestion du colostrum?

Pour mesurer l’efficacité de votre gestion du colostrum, nous mesurons le TIP, soit le Transfert d’immunité passive. Il faut savoir que les veaux, à la naissance, n’ont aucun système immunitaire. Pourquoi? Parce que les anticorps de la mère ne traversent pas le placenta, contrairement aux humains. Leur seule immunité provient du colostrum de la mère.
Le TIP s’effectue lorsque le veau ingère le colostrum qui contient des anticorps, appelés immunoglobulines (IgG). Ce sont ceux-ci qui lui procureront une immunité. Le test évalue la qualité du TIP en mesurant les IgG dans le sang du veau avant l’âge de 7 jours.
Ce test se fait directement à la clinique. Il nous suffit de prélever du sang sur vos veaux de 7 jours et moins. Nous centrifugeons l’échantillon et analysons le sérum à l’aide d’un réfractomètre, appelé Brix. Pour être adéquat, le résultat de ce test doit être égal ou supérieur à 8.9%. Plusieurs facteurs peuvent influencer le TIP et il y a des moyens de l’optimiser.

 

5. Comment maximiser le transfert de l’immunité passive (TIP)?

Pour obtenir un bon TIP, il faut se concentrer sur chaque étape de la gestion du colostrum : qualité, quantité, rapidité et propreté. Si l’une des étapes est inadéquate, le TIP peut ne pas être suffisant.

Qualité :
Chaque ferme devrait être équipée d’un réfractomètre (Brix) pour mesurer la qualité du colostrum offert au veau. L’objectif ici est d’utiliser un colostrum ayant un Brix supérieur à 22%. Si le résultat est inférieur, le colostrum est de mauvaise qualité. De plus, si le colostrum contient un agent pathogène (Staph aureus, mycoplasmes, leucose, paratuberculose, BVD), il doit être considéré de mauvaise qualité, même si le Brix est supérieur à 22%.
De plus, la concentration d’IgG contenu dans le colostrum diminue rapidement dans le temps, dès que le vêlage est terminé, même si la vache n’est pas traite. Il est donc très important de traire la vache le plus rapidement possible après le vêlage pour optimiser la qualité du colostrum!
Dans le cas d’un mauvais colostrum, vous pouvez utiliser un substitut de colostrum, mais notez bien la quantité d’IgG contenue dans le sac! Le veau doit ingérer minimum 300g d’IgG lors du premier repas. Cela représente 2 à 3 sachets de substitut de colostrum, car les formulations contiennent en général 100 ou 150g d’IgG. Une autre option est de tenir une banque de colostrum congelée à la ferme, avec vos meilleurs colostrums. Vous pourrez en apprendre plus à ce sujet dans les prochaines capsules.

Quantité et Rapidité :
Le veau doit ingérer 4L d’un colostrum de bonne qualité dans les 2 premières heures de vie! Pour les veaux de moins de 40 kg, 3L sont suffisants. S’il ne le boit pas, on gave immédiatement. Pourquoi? Parce que dès qu’un liquide touche la muqueuse intestinale, il n’y a plus d’absorption des anticorps. On ne peut donc pas séparer un repas de colostrum en 2. Et rappelons que la mère doit être traite le plus rapidement possible pour assurer un bon niveau d’IgG dans son colostrum.

Propreté :
La propreté du colostrum est essentielle. L’absorption intestinale est non spécifique, c’est-à-dire que les bactéries sont absorbées en même temps que les anticorps. Une trop forte absorption de bactéries peut causer une septicémie chez le veau, qui peut être mortelle. L’ingestion de bactéries directement dans l’environnement du vêlage ou via l’alimentation par du lait contaminé est une cause fréquente de diarrhée au cours des premières semaines de vie. Il faut donc faire très attention à la propreté du lait et de notre matériel. De plus, un veau qui ne reçoit pas son colostrum et qui a faim va téter tout ce qu’il trouve. On ne veut surtout pas que la première substance qui touche à sa muqueuse intestinale soit autre chose que du colostrum (ex : fumier, litière, etc).

 

6. Quelles sont les conséquences d’un mauvais transfert d’immunité passive (TIP)?

Plusieurs études ont démontré un impact négatif sur le gain de poids moyen quotidien et une réduction de l’efficacité alimentaire chez les veaux ayant eu un mauvais transfert d’immunité passive. Les veaux sont également plus à risque d’être malades ou de mourir.
Un mauvais TIP se remarque même plus tard, car l’âge moyen des animaux à leur premier vêlage est plus élevé et la production de lait lors de la première lactation est plus faible.
La gestion du colostrum est le facteur le plus important pour déterminer la santé globale, mais aussi la survie des veaux. Il est plus rentable d’utiliser notre temps à assurer un bon TIP, que de le perdre à traiter les veaux malades. Assurer un TIP optimisera la santé et la croissance, ce qui permettra aux veaux d’atteindre leur plein potentiel génétique.

 

7. Savez-vous que vous pouvez tester la qualité du colostrum d’une vache, à la ferme?

Pour mesurer la qualité du colostrum à la ferme, il vous faut seulement un petit appareil appelé réfractomètre de BRIX. Il coûte environ 30$ et est facile à utiliser. Il faut ramasser quelques gouttes du colostrum d’une vache et le déposer sur la surface du réfractomètre, ensuite regarder dans la lunette et faire la lecture.
On cherche à avoir un colostrum supérieur à 22% au Brix. On considère que le colostrum est de mauvaise qualité lorsqu’on obtient un résultat inférieur à cette valeur. En fait, un colostrum à 22% est de qualité « passable ». Il serait même préférable de viser le 25% pour être un colostrum de bonne qualité. Un colostrum d’excellente qualité est supérieur à 30%.
Les colostrums de bonne qualité peuvent être congelés pour une utilisation future. Restez à l’affût de nos capsules pour connaître la méthode idéale !

 

8. Saviez-vous que vous pouvez congeler les colostrums de bonne qualité?

Les banques de colostrum à la ferme sont peu populaires, malgré le fait qu’elles sont très utiles. Lorsque vous avez un colostrum de bonne qualité (égal ou supérieur à 25%), vous pouvez congeler les surplus dans des sacs ziploc, ou dans des sacs spécialement conçus à cet effet, en portion de 4L. En ayant une banque de colostrum directement à la ferme, si vous testez un colostrum et qu’il est de mauvaise qualité, vous n’avez qu’à décongeler un sac et le servir à bonne température pour votre veau naissant.
Mais attention! Il y a une méthode de décongélation à suivre pour ne pas dénaturer les IgG. En congelant les bons colostrums sous format 4 L, il est facile de le décongeler rapidement. La méthode idéale consiste à tremper le sac dans l’eau chaude/tiède. La température de l’eau NE DOIT PAS être supérieure à 60°C. Une fois décongelé, il ne reste qu’à le réchauffer à 40°C et le servir à votre veau. Il ne faut surtout pas utiliser de micro-ondes.
Nous savons qu’il existe des substituts de colostrum en poudre, mais ils ne sont vraiment pas idéal, car un sac ne contient pas assez d’IgG pour le premier boire et ils coûtent relativement chers.

 

9. Saviez-vous qu’il est important de mettre un manteau à vos veaux en hiver?

La température ambiante optimale pour un veau est de 22°C. Lorsqu’il fait plus froid que 22°C dans la ferme, il est donc recommandé de leur mettre un manteau, dès qu’ils sont bien secs et de le laisser pour 3 semaines. En effet, plus le veau utilise d’énergie pour se réchauffer, moins son gain de poids quotidien sera grand. Le manteau vaut aussi pour son confort et son indice de nidification.

 

10. De la litière ! Encore de la litière !!

Il est très important de mettre beaucoup de litière dans les parcs des veaux pour qu’ils restent bien au sec. Si vous vous agenouillez dans le parc et que vos genoux deviennent mouillés c’est signe que la litière est souillée. Il faut donc l’enlever et mettre de la nouvelle litière, beaucoup de litière! Vos genoux doivent demeurer secs pour que vos veaux soient confortables!